La démocratie africaine
50 ans après l’accès à l’indépendance de la plupart des Etats africains force est de constater que la démocratie est toujours aux abonnés absents dans la plupart de ces pays.
Qu’est ce que la démocratie ?
Abraham Lincoln considéré comme le père de la nation américaine définissait la démocratie comme « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». La démocratie s’oppose au système monarchique où le pouvoir est héréditaire et se transmet par le sang. Dans un système monarchique ou oligarchique le pouvoir est détenu par un petit groupe.
Un pays est démocratique s’il respecte les critères suivants :
• « Égalité devant la loi : dans le cas largement répandu d'une démocratie représentative, où le peuple délègue son pouvoir souverain à des représentants, cela implique que lesdits représentants puissent être choisis par le biais d'élections libres ou par tout autre système équitable, par exemple le tirage au sort (cf. stochocratie) ;
• Garantie effective des libertés fondamentales, notamment : liberté de conscience, liberté d'expression, liberté de réunion et d'association, liberté de la presse, absence d'arrestations arbitraires, etc. ;
• Existence d'un système judiciaire basé sur des lois, librement établies par le peuple ou ses représentants, et respectées par le gouvernement et ses administrés ;
Outre ces éléments, d'autres critères analogues sont confusément associés à la notion de démocratie : multipartisme, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus (souvent nommé droits civils). »
A la lecture d’une telle définition, très peu d’Etats africains sont « démocratiques » et le sous-développement en Afrique s’explique en partie par ce manque de démocratie, la mal gouvernance que dénonçait Obama lors de son discours d’Accra et la corruption qui s’est banalisée dans la plupart des Etats africains.
En Afrique la plupart des régimes sont autoritaires et n’ont aucune légitimité. Ils imposent leur pouvoir par la force et la terreur prenant en otage les populations compromettant ainsi de plus en plus le développement économique de l’Afrique qui ne se fera pas de sitôt. J’en veux pour preuve les événements du 28 septembre de Conakry où les hommes du putschiste Moussa Dadis Camara n’ont pas hésité à tirer sur des citoyens osant réclamer la tenue d’élections libres et rappelant la junte à ses engagements de ne pas se présenter. Résultat 158 personnes tuées.
En termes de corruption, la récente affaire de corruption du représentant partant du FMI Alex Segura au Sénégal est une honte. Ce fonctionnaire international a reçu lors du dîner d’adieu organisé pour l’occasion une mallette contenant environ 133 000 euros en guise de cadeau dans les locaux de la présidence et ceci avec l’aval du président Wade qui assume ouvertement cet acte de corruption. Plus désolants sont encore les propos du premier ministre qui invoque la tradition africaine pour justifier cette corruption. Cela voudrait il dire que la corruption est dans nos gênes ? Le Sénégal est un pays pauvre classé 156ème sur 177 au niveau de l’IDH en 2006 et un PIB par habitant en 2006 de 1800 dollars, comment peut il se permettre des cadeaux de 133 000 euros à des fonctionnaires internationaux ? Ces dirigeants ont-ils le moindre respect pour les populations qui souffrent et qui entendent dire que l’Etat du Sénégal fait des cadeaux à des fonctionnaires internationaux bien payés.
Dans la définition de la démocratie on l’opposait à la monarchie où le pouvoir serait détenu par un petit groupe. Que dire du Gabon où Ali Ben Bongo succède à son père qui a régné sur le Gabon pendant 40 ans avec la bénédiction de la France. Il est dangereux de laisser le pouvoir aux mains d’une famille où le fils succède au père. Au nom de quoi ? Au nom du père bien sûr ! L’élection d’Ali Ben Bongo a été très contestée et le Président Sarkozy s’était empressé de le féliciter. Ali Ben Bongo n’est le premier me direz vous. Avant lui Joseph Désiré Kabila succédait à son père en RDC, au Togo Fauré Gnassingbé succède à son père Gnassingbé Eyadema qui avait régné sur le Togo pendant 38 ans…
Que dire de Mamadou Tandja le président du Niger qui se taille une constitution sur mesure pour briguer un troisième mandat au mépris des principes fondateurs mêmes d’une République.
Pour les dictateurs on n’a que l’embarras du choix…
Qui sont les fautifs ?
Les premiers fautifs sont les africains. C'est-à-dire vous qui me lisez, moi qui vous écrit. C’est du devoir de chacun d’entre nous d’exprimer son désaccord, ses opinions et de ne jamais reculer pour faire avancer la démocratie. Les africains sont par nature fatalistes et laissent faire certaines choses qui n’ont pas lieu d’être. C’est notre détermination et nos votes qui pousseront ces dictateurs, usurpateurs, voleurs, corrupteurs à quitter le pouvoir.
Les grandes puissances économiques sont pour la plupart complices de ces régimes de tyrans. Pour quelle raison selon vous ? Pour préserver les intérêts de grandes multinationales implantées sur le territoire africain à l’exemple de Total au Gabon. C’est la françafrique que dénonçait jadis le candidat Sarkozy et qu’il continue à faire vivre depuis son arrivée au pouvoir. La Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade avait déclaré à l’Assemblée Nationale que l’Afrique à papa était finie et qu’on entrait dans une nouvelle ère des relations entre l’Afrique et la France. Se sentant pousser des ailes le secrétaire d’Etat de la coopération de l’époque Jean Marie Bockel avait tenu un discours très osé et juste sur le détournement de fonds et la mal gouvernance dénonçant ouvertement la mal gouvernance et la corruption. Résultat des courses, M. Bockel a été remplacé de son Sécrétariat d’Etat sur demande de feu Oumar Bongo. Ce dernier chez qui le Secrétaire d’Etat nouvellement nommé s’est rendu en compagnie de Claude Guéant Secrétaire Général de l’Elysée quelques temps après sa nomination pour lui faire allégeance et obtenir la bénédiction du chantre de la Françafrique. Le parquet de Paris a décidé de ne pas poursuivre devant la justice française la famille Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema (le président centrafricain) pour détournement de fonds publics alors qu’une enquête a prouvé que les faits étaient avérés. Pourquoi une telle décision ?
Même si la démocratie en Afrique ne cesse de reculer certains pays peuvent être cités comme exemple le Mali d’ATT, le Libéria d’Ellen Johnson Sirleaf, le Bénin de Yayi Boni, le Ghana…
Il est temps que nous nous prenions en main nous les africains et qu’on prenne conscience que notre développement économique ne passera que par une démocratie stable.









la parole est un don
tres interessant
une tres bonne aide a ma comprehension des systemes politiques en Afrique
enfin quelqu'un qui parle des problemes que le reste des medias tend a cacher
Bien dit
Merci pour cette analyse qui nous donne une idée sur le vaste chantier qui attend les africains